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Calypso : l'histoire 
Du Calypso, on ne connaît souvent que la version édulcorée, popularisée durant les années 50 par quelques grandes vedettes de la variété comme les Andrew Sisters, Harry Belafonte et l’acteur Robert Mitchum ou plus près de nous Henri Salvador.
Une musique typique, comme on disait alors pour qualifier toutes les muzaks dont le plus petit dénominateur commun semblait être l’insignifiance, le caractère inoffensif et le vague dépaysement exotique qu’elles induisaient chez l’auditeur. C’est oublier un peu vite que, même si le Calypso est la bande-son du carnaval de Trinidad -une musique festive - c’est aussi un formidable véhicule pour la parole des griots, troubadours et ménestrels locaux, les chantwells comme on appelle à Trinidad, les chanteurs de Calypso.
Improvisateurs hors pairs, esprits alertes, les Calypsoniens ont chanté l’esclavage, la guerre, les grands ou petits malheurs de ce monde mais aussi l’amour corps et âmes. Jamais en mal d’un bon mot ou d’un trait d’esprit, ils ont croqué leurs semblables avec humour et tendresse.
Rétifs à toute forme de censure, ils ont moqué les puissants, portant la satire et la double entente au rang des beaux-arts. Tradition séculaire, le Calypso a recouvert de multiples habits. Au fil du temps, l’instrumentation, les cadences harmoniques, les gabarits des strophes, et même le langage ont varié. Comme le reggae ou le sòn cubain, le Calypso est le miroir de la société antillaise, sa pulsation vitale et son âme.
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